Comment le Canada peut devenir une superpuissance mondiale en matière d'alimentation durable

Alors que les changements climatiques, les pénuries alimentaires et les problèmes liés à la chaîne d'approvisionnement touchent les pays du monde entier, la demande en aliments sûrs, fiables et produits de manière durable est en hausse . Le Canada est bien placé pour aider à répondre à cette demande.

C'était le thème central de l'événement Canada Climate Week Exchange organisé par Carbonhound et RBC en novembre 2025 : Comment faire du Canada une superpuissance mondiale en matière d'alimentation durable. Le message était clair : le Canada peut montrer la voie, mais seulement si la durabilité fait partie intégrante du fonctionnement quotidien des entreprises alimentaires, et non pas quelque chose de secondaire ou de « souhaitable ».

Le Canada est déjà un important producteur alimentaire

Le Canada joue déjà un rôle important sur les marchés alimentaires mondiaux.

  • En 2024, les exportations agricoles et alimentaires du Canada ont atteint 100 milliards de dollars (Gouvernement du Canada).
  • Le système alimentaire soutient des millions d'emplois dans les secteurs de l'agriculture, de la transformation alimentaire, du transport et de la vente au détail, où 1 emploi sur 9 au Canada est lié à notre système alimentaire (Agriculture et Agroalimentaire Canada).

Ainsi, alors que le Canada produit déjà un volume important d'ingrédients alimentaires et que le secteur contribue massivement à notre propre main-d'œuvre, les marchés mondiaux sont en pleine mutation. Les acheteurs, les investisseurs et les gouvernements, tant locaux qu'internationaux, attendent de plus en plus que les aliments soient produits de manière à protéger les terres, l'eau et le climat.

Cela signifie que l'avantage du Canada doit provenir de la qualité, de la confiance et de la durabilité, et non seulement de la quantité de matières premières que nous cultivons et exportons, comme le blé et le maïs.

« Notre réputation est excellente... nous sommes connus dans le monde entier. Les autres considèrent le Canada comme un pays vierge offrant d'innombrables possibilités en matière de production alimentaire propre, sûre et saine. Je pense que nous devons simplement nous appuyer sur cela. »
 
-Jason Persall, président , Persall Fine Foods

Développer les capacités et les technologies du Canada en matière de transformation alimentaire

Pour véritablement mettre en place un système alimentaire plus durable et plus solide, le Canada doit se concentrer sur ses capacités de transformation.

« Nous cultivons des matières premières incroyables... mais nous en exportons une grande partie, puis nous les rachetons à un prix élevé. C'est là tout le défi. Nous devons changer cela, afin de nous assurer que nous développons des capacités de transformation au niveau régional, de manière à ce que les denrées alimentaires puissent être produites dans les régions où elles seront consommées. »
 
-Joshua Goodman, responsable du développement durable de l'entreprise, Sobeys

Pour véritablement passer du champ à la table, le Canada a besoin de plus d'investissements et de capacités dans le domaine de la transformation et de la fabrication des aliments. Cela permet d'accroître la sécurité alimentaire au niveau local tout en augmentant la valeur des exportations mondiales.

La communication sur le développement durable fait désormais partie intégrante des activités principales, même si des pratiques durables sont mises en œuvre depuis des années.

L'un des principaux enseignements tirés de cette conversation est que la durabilité n'est plus un programme distinct. Elle fait désormais partie intégrante des décisions commerciales fondamentales, et les entreprises doivent trouver des moyens de communiquer cette information.

Les systèmes alimentaires durables présentent également des avantages économiques, sociaux et climatiques, et pas seulement des gains de production.

  • Les objectifs climatiques influencent les budgets et les investissements

  • Les entreprises choisissent leurs fournisseurs en fonction de normes environnementales.

  • Les risques climatiques sont traités comme des risques financiers.

  • Les conseils d'administration et les hauts dirigeants sont censés superviser la durabilité.

Les entreprises canadiennes ont souvent mis en œuvre des pratiques durables depuis des générations, mais il faut trouver un nouveau vocabulaire pour les décrire et transmettre ces connaissances aux nouveaux agriculteurs et producteurs.

En partageant ces témoignages et en privilégiant les fournisseurs durables, la durabilité fait désormais partie intégrante de la manière dont les entreprises planifient, dépensent et gèrent les risques, au même titre que la sécurité, la qualité ou le contrôle des coûts.

« Dans les années 80, nous n'avions pas encore le mot « régénératif » à notre disposition, mais nous avions déjà décidé d'être de bons gardiens de la terre. Nous ne voulons pas perdre les nutriments du sol, c'est pourquoi nous pratiquons autant que possible la rotation des cultures dans notre exploitation afin de limiter les ravageurs et les maladies. »
 
-Jason Persall, président , Persall Fine Foods

Des petits projets pilotes aux opérations quotidiennes

Pour certaines entreprises, les initiatives en matière de développement durable sont considérées comme des projets mineurs ou des expériences. Il est temps que ces projets pilotes évoluent pour s'ancrer dans l'ADN des entreprises.
Dans le secteur agroalimentaire, des idées telles que la réduction des émissions, la diminution des déchets et une meilleure utilisation des ressources font désormais partie du quotidien.

Les principes fondamentaux tels que les méthodes agricoles qui améliorent la santé des sols et réduisent les émissions, l'utilisation des données pour réduire la consommation d'eau, d'énergie et d'engrais, la réduction du gaspillage alimentaire et la réutilisation des matériaux dans la mesure du possible, ainsi que la transformation des aliments à proximité de leur lieu de production afin de réduire les transports, constituent des mesures de durabilité évidentes qui présentent des avantages tant sur le plan environnemental que financier.

Ces initiatives ne sont pas seulement bénéfiques pour la planète. Elles rendent également les systèmes alimentaires plus stables, plus efficaces et plus rentables.

Utiliser les données et la technologie pour favoriser le changement et soutenir les investissements privés et publics dans des pratiques durables

Les financements privés et publics permettent aux agriculteurs, aux transformateurs et aux détaillants d'investir dans des systèmes durables. Les politiques et l'éducation du public sont également essentielles pour promouvoir la responsabilité des fabricants et la santé des consommateurs, mais rien de tout cela n'est possible sans les données nécessaires pour étayer ces mesures ! 

Alors que le Canada s'oriente vers une économie alimentaire plus équilibrée et durable, ce système alimentaire moderne s'appuiera sur des données fiables. Des données d'utilisation aux données environnementales en passant par les rendements financiers des projets d'investissement, la technologie aide désormais les entreprises alimentaires à :

  • Suivez leurs fournisseurs et obtenez une vue détaillée de leur chaîne d'approvisionnement.
  • Comprendre d'où proviennent les ingrédients et les fournitures, et quels sont leurs impacts environnementaux et financiers.
  • Mesurer les émissions et l'utilisation des ressources en continu et en temps réel
  • Partager les informations entre les chaînes d'approvisionnement et les secteurs industriels
  • Prenez des décisions et réalisez des investissements à long terme plus judicieux grâce à un retour sur investissement clair.
  • Quantifier l'impact climatique de leurs produits afin de protéger leurs comptes clés et leur réputation.

Lorsque les données relatives au développement durable sont traitées de la même manière que les données financières, elles deviennent plus faciles à gérer, à améliorer et à adapter.

C'est ainsi que la durabilité passe d'un « bonus » à un élément essentiel de l'activité.

Tout le monde a un rôle à jouer, et ce genre de conversations est essentiel.

La conversation a finalement souligné qu'aucun agriculteur, entreprise, département ou groupe ne peut à lui seul mettre en place un système alimentaire durable.

Un véritable changement nécessite une collaboration entre les agriculteurs et les producteurs, les fabricants et les transformateurs alimentaires, les courtiers et les acheteurs, les détaillants, les banques et les investisseurs, les gouvernements, les écoles et les éducateurs, ainsi que les ONG.

Il est important de noter que le fait d'avoir des conversations sensibilise les gens à la manière dont ils peuvent s'impliquer dans le système alimentaire canadien.

« Je pense qu'il n'y a pas assez de personnes qui considèrent l'agriculture comme une véritable carrière. Au cours de la dernière décennie, les gens se sont orientés vers la finance, les affaires, la technologie ou l'intelligence artificielle, n'est-ce pas ? Nous avons besoin de personnes qui veulent devenir des agriculteurs prospères et gagner un salaire décent. Rendons cette profession attrayante. »
 
-Shane Harper, chef agriculteur, restaurant Pearl Morrisette

Et si nous réussissons ?

  • Les exportations alimentaires du Canada deviennent plus fiables et plus résilientes
  • Les agriculteurs, les communautés rurales et la main-d'œuvre canadienne bénéficient d'une croissance à long terme.
  • La cuisine canadienne maintient et renforce sa solide réputation mondiale.
  • Les risques climatiques sont réduits tout au long de la chaîne d'approvisionnement, créant ainsi un monde plus durable pour les Canadiens et au-delà.

En fin de compte, la durabilité n'est plus une réflexion après coup. Elle devient un élément fondamental du fonctionnement des entreprises alimentaires modernes et la clé du succès à long terme de l'industrie alimentaire canadienne.

Le Canada dispose des terres, des connaissances et des ressources humaines nécessaires pour jouer un rôle de premier plan. La prochaine étape consiste à intégrer pleinement la durabilité dans les décisions quotidiennes de tous les secteurs afin que le Canada puisse nourrir un monde plus sain pour les générations à venir. 

Vous souhaitez savoir comment les rapports sur le climat permettent de rendre l'industrie alimentaire plus durable ? N'hésitez pas à nous contacter !

Plus d'informations à découvrir

Guide CBAM pour les entreprises non européennes qui exportent vers l'UE

À compter du 1er janvier 2026, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l'UE entrera dans sa phase définitive, obligeant les importateurs de l'UE à payer pour les émissions de carbone liées à certains produits importés. Les exportateurs non européens doivent désormais fournir des données précises sur les émissions au niveau des produits ; les estimations ne suffisent plus. La mesure et la déclaration des émissions de carbone sont désormais obligatoires pour conserver l'accès aux marchés de l'UE.