Les implications de la loi sur la concurrence pour les entreprises qui font des allégations environnementales au Canada

 Résumé

  • La Loi sur la concurrence du Canada comprend des dispositions visant à lutter contre le « greenwashing », qui obligent les entreprises à étayer toute allégation environnementale qu'elles formulent au sujet de leurs produits ou de leurs activités.
  • Les allégations doivent répondre à un critère de « justification suffisante et appropriée », étayées par des preuves objectives et vérifiables, avant d'être rendues publiques.
  • Les particuliers peuvent saisir directement le Tribunal de la concurrence pour des cas de « greenwashing » liés à des produits. Les plaintes émanant d'entreprises relèvent de la compétence du Bureau de la concurrence.
  • Tout manquement à cette obligation peut entraîner des sanctions pouvant aller jusqu'à 10 millions de dollars pour une première infraction, 15 millions de dollars pour les infractions suivantes, ou jusqu'à 3 % du chiffre d'affaires brut annuel mondial — le montant le plus élevé étant retenu.
  • Les entreprises qui avancent des arguments en faveur du développement durable doivent s'assurer que leurs données corroborent leurs déclarations publiques.

 


Présentation générale

La Loi sur la concurrence du Canada comprend des règles spécifiques concernant les allégations en matière d’environnement et de développement durable. Ces dispositions ont été introduites pour la première fois dans le cadre du projet de loi C-59, qui a reçu la sanction royale le 20 juin 2024, puis affinées dans le cadre du projet de loi C-15, qui a reçu la sanction royale le 26 mars 2026, et est entré en vigueur immédiatement. 

 

Ensemble, elles définissent le cadre que les entreprises canadiennes doivent respecter lorsqu'elles formulent des allégations environnementales, afin d'éviter le « greenwashing ».

Qu'est-ce que l'écoblanchiment ?

Le « greenwashing » consiste à faire des allégations trompeuses en matière de développement durable, afin d'induire les consommateurs en erreur et de leur faire croire que les produits ou les activités d'une entreprise sont plus respectueux de l'environnement qu'ils ne le sont en réalité. 


Les dispositions de la loi sur la concurrence visant à lutter contre le « greenwashing » ont pour objectif de remédier directement à ce problème, en protégeant les consommateurs et en garantissant que les entreprises qui investissent dans de véritables pratiques de développement durable ne soient pas désavantagées par celles qui ne le font pas.


Quelles sont les demandes d'indemnisation couvertes par cette législation ?

La loi sur la concurrence distingue deux catégories d'allégations environnementales, chacune avec ses propres exigences :


  1. Allégations environnementales concernant les produits. Les allégations relatives aux performances ou aux avantages environnementaux d'un produit doivent être étayées par des essais adéquats et appropriés avant d'être rendues publiques.
  2. Allégations environnementales concernant une entreprise ou ses activités. Les allégations relatives aux efforts globaux d’une entreprise en matière de développement durable ou à ses activités doivent répondre à une norme de « justification adéquate et appropriée », étayée par des preuves objectives et vérifiables directement liées à ce qui est allégué. Remarque : lorsque le projet de loi C-59 a été présenté en 2024, cette justification devait être fournie « conformément à une méthodologie reconnue au niveau international ». Cette exigence a été supprimée par le projet de loi C-15 en mars 2026.

Remarque : lorsque le projet de loi C-59 a été présenté en 2024, celui-ci exigeait une justification « conforme à une méthodologie reconnue au niveau international ». Cette exigence a été supprimée par le projet de loi C-15 en mars 2026.

Quelles sont les sanctions prévues en cas de non-respect ?

Tout manquement à cette obligation peut entraîner des sanctions pécuniaires administratives pouvant aller jusqu'à 10 millions de dollars pour une première infraction et 15 millions de dollars pour chaque infraction suivante, ou jusqu'à 3 % du chiffre d'affaires brut annuel mondial — le montant le plus élevé étant retenu. 

Lorsque le bénéfice tiré de la pratique trompeuse dépasse ces montants, des sanctions pouvant aller jusqu’à trois fois cette valeur peuvent également être infligées. Des ordonnances d’interdiction peuvent en outre être prononcées, obligeant l’entreprise à cesser de faire les allégations en question.

Qui peut faire respecter ces dispositions ?

La mise en application s'effectue par deux voies :

  • Le commissaire à la concurrence (Bureau de la concurrence) peut mener des enquêtes sur les allégations environnementales concernant aussi bien les produits que les activités commerciales.
  • Les particuliers, notamment les concurrents, les consommateurs et les associations de défense de l'environnement, peuvent saisir directement le Tribunal de la concurrence, mais uniquement pour des allégations relatives à l'impact environnemental des produits et pour des allégations matériellement fausses ou trompeuses. Avant l'adoption du projet de loi C-15, les particuliers pouvaient également saisir le Tribunal pour des allégations concernant les entreprises et leurs activités. À compter du 26 mars 2026, cette voie ne sera plus accessible.

Que devraient faire les entreprises ?

Que votre entreprise ait déjà formulé des déclarations en matière de développement durable ou qu'elle envisage de le faire, voici ce qu'exige le cadre réglementaire actuel :

  1. Vérifiez vos allégations environnementales actuelles. Passez en revue toutes les communications publiques — sites web, réseaux sociaux, documents destinés aux investisseurs et supports marketing — et déterminez si les données nécessaires pour étayer chaque allégation existent bel et bien. La charge de la preuve incombe à l'entreprise.
  2. Vérifiez vos informations avant de les publier. Les affirmations doivent être étayées par des preuves avant d'être rendues publiques, et non pas rassemblées a posteriori en réponse à une plainte.
  3. Il convient de faire preuve de prudence face aux déclarations prospectives. Les objectifs de zéro émission nette et les engagements de réduction doivent s'appuyer sur un plan réaliste et vérifiable, assorti d'étapes intermédiaires et de progrès tangibles.
  4. Soyez précis, évitez les imprécisions. Évitez les termes généraux tels que « respectueux de l'environnement » ou « durable », à moins qu'ils ne puissent être étayés pour l'ensemble de ce qui est allégué. C'est l'impression générale que laisse une allégation auprès des consommateurs qui est prise en compte, et pas seulement sa formulation littérale.
  5. Restez à l'écoute des recommandations du Bureau. Le Bureau de la concurrence s'est engagé à mettre à jour ses lignes directrices à la suite de l'adoption du projet de loi C-15. Les entreprises devront réexaminer leurs pratiques en matière de conformité dès leur publication.
  6. Tenez compte de votre présence à l'international. Si vous exercez vos activités ou commercialisez vos produits dans l'Union européenne, au Royaume-Uni ou en Australie, le cadre réglementaire canadien n'offre aucune protection. Ces pays ont leurs propres exigences, souvent plus strictes.

Lien vers les recommandations du gouvernement : https://competition-bureau.canada.ca/en/how-we-foster-competition/education-and-outreach/publications/environmental-claims-and-competition-act 

(Remarque : ce document n'a pas encore été mis à jour pour tenir compte des modifications du 26 mars, mais il constitue une source d'information essentielle émanant du gouvernement).

Vous avez besoin d'aide pour étayer vos allégations en matière de développement durable ?

Que vous soyez une entreprise canadienne qui a fait des déclarations de durabilité ou qui prévoit de le faire, Carbonhound a créé un document d'une page pour vous préparer au projet de loi C-59 nouvellement amendé. 

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